Lutter pour nos droits, encore et toujours
Vive les féministes !
Le mois de mars a particulièrement été chargé en revendications citoyennes et politiques. Le 8 mars tout d’abord, journée de lutte pour les droits des femmes* où notre association était présente aux manifestations à Liège et Bruxelles. Bien que politiquement chargé, force est de constater qu’il était bon de se retrouver entre féministes sous ce beau soleil dominical. Laissant planer un air de légèreté dans ces rassemblements visibilisant pourtant toutes les violences subies par les minorités de genre et leurs droits fragilisés.
Le 12 mars, c’est à Bruxelles que nous avons rejoint 100.000 autres personnes pour manifester notre rejet des mesures prises par le gouvernement Arizona. Les malus pensions, la dévalorisation du travail en horaires décalés, la chasse aux chômeur·euses, autant de politiques qui continuent de creuser l’état de précarité de la population. Mais il est essentiel de constater que ces impacts toucheront principalement les femmes*.
L’avantage des manifestations, bien que l’on n’observe que peu d’impacts sur la sphère politique, est que l’on se sent moins esseulé dans notre cause. D’autant que ces derniers mois, quelques actualités ont pu nous redonner espoir. Nous avons pu être témoins de progrès faits à l’égard de la santé des femmes* en Belgique et en Europe.
En Europe : My voice, my choice
Dans les nouvelles qui donnent le sourire, il y a la décision favorable à l’initiative citoyenne « My voice, my choice » rendue par la commission européenne. Celle-ci est censée garantir un accès sûr à l’avortement dans l’ensemble de l’Union Européenne.
Cependant, cette validation reste à ce stade très vague. Le budget alloué à cette initiative n’est pas spécifique, c’est-à-dire que le budget est partagé avec d’autres initiatives sociales et de santé. Autrement dit, sans budget spécifique (budget qui par ailleurs est laissé au libre choix de chaque état membre) il est impossible de mettre en place concrètement ce projet à l’échelle Européenne.
D’autant plus que la question de l’IVG est rediscutée dans certains pays de l’UE, dont la Belgique où la question de l’allongement du délai reste en suspens et met chaque jours qui passe la santé de personnes avortantes en jeu ! On avait compris qu’avec ce gouvernement la qualité de vie des personnes sexisées restait un enjeu trivial, mais cet exemple l’illustre parfaitement.
À Bruxelles : Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO)
En février dernier, le parlement Bruxellois a reconnu les violences gynécologiques et obstétricales. Une des rares reconnaissances politiques dans notre pays, qui espérons-le, s’étendra aux autres régions voire même au fédéral et garantira une protection des usagères de soins !
En parallèle, divers groupes de travail fédéraux s’intéressent également à la question des VGO afin de la visibiliser et de pouvoir en faire une préoccupation de santé publique.
Au-delà de l’indignation, l’action
Nous en avons assez de ces responsables politiques et de ce système qui met les personnes sexisées au banc de la société. En tant que membre du tissu associatif belge, nous souffrons du manque d’investissement dans notre secteur, du manque de reconnaissance de nos actions qui pallient aux manquements de l’État dans ces domaines.
Nous luttons chaque jour pour un projet de société où la santé de toustes ne sera pas définie par le genre, la couleur de peau, les revenus. Où les auteur·ices de violences sont responsabilisé·es pour leurs actes. Et où ces violences sont reconnues et donc combattues.
Si l’espoir c’est la lutte, alors communions nos forces pour ne pas s’épuiser.
Faisons confiance au secteur associatif, qui se mobiliser malgré les obstacles.
Mobilisons le collectif, avec nos ami·es, nos voisin·es.
Remettons en question les hiérarchies, osons prendre notre place.